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Un peuple calédonien?

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La Nouvelle-Calédonie doit se prononcer sur son indépendance en novembre 2018, et les questions soulevées par ce référendum sont d’une complexité inédite. Dans un pays colonisé et multiethnique, citoyenneté, nationalité, peuple et souveraineté ne sont rien moins que fixés. «2018 est une date historique pour la Nouvelle-Calédonie. Conformément à l’accord politique de 1998 signé entre les indépendantistes du Front de Libération Kanak et Socialiste, le parti loyaliste de l’époque et l’État français, un référendum d’autodétermination aura lieu le 4novembre dans ce Pays d’Outremer français du Pacifique doté d’un gouvernement et d’un congrès votant des «lois de pays». L’histoire de cet archipel océanien devenu colonie française au milieu du XIX e siècle est marquée par un peuplement d’abord pénal (les descendants de bagnards), puis par une colonisation libre accompagnée d’un cantonnement de la population kanake autochtone dans des réserves. Après la fin du régime de l’Indigénat ...

L’Europe d’après

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Ivan Krastev envisage la désintégration de l’Union européenne, à partir de la double fracture qui oppose l’est et l’ouest et le peuple et les élites. L’Union européenne a-t-elle un avenir? Le politiste croit le discerner dans l’adoption d’une attitude plus conciliante envers les revendications des pays est-européens. Dans cet ouvrage, Ivan Krastev nous offre quelque chose de précieux et de finalement assez inattendu: son regard de l’Est qui éclaire la question européenne d’un jour nouveau à nos yeux. Certains détails négligés du tableau de la crise européenne se retrouvent soudain au centre de l’attention. Certaines considérations un peu honteuses pour l’Européen de l’Ouest policé sont ici abordées sans fard, avec franchise et mordant. Politiste bulgare, I. Krastev s’est fait une certaine place dans le milieu fermé des penseurs lus et écoutés de l’Europe politique. Cela tient pour partie à sa volonté de penser, non pas à rebours, mais à l’avant-garde de la doxa des études e...

Les juges, gardiens de la paix

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On entend souvent que, face au terrorisme, les démocraties auraient à trouver le bon équilibre entre sécurité et liberté, comme s’il s’agissait de poids dans une balance. La métaphore ne sert-elle qu’à justifier de nouvelles mesures de sécurité ? Comment concevoir l’arbitrage entre ces valeurs ? «La lutte contre le terrorisme est un domaine particulièrement prolifique en apories apparentes. Dans le discours public comme académique, il n’est pas rare d’entendre que les mesures de lutte contre le terrorisme sont contraires aux principes de l’État de droit ou qu’il est nécessaire de trouver  un équilibre entre les valeurs de la sécurité et la liberté , posées sur les plateaux d’une balance métaphorique. Dans le premier cas, on se limite à regretter que la réalité ne suive pas la théorie idéale, dans le deuxième on parle d’un nouvel équilibre entre sécurité et liberté sans en dire davantage sur la manière d’opérer cet arbitrage. Doit-il nécessairement se faire au dé...

La société des spectateurs

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Une généalogie de la figure du spectateur pour fonder une théorie politique de la participation aux décisions concernant les affaires culturelles.  «S’il est vrai que la modernité s’affirme chaque jour un peu plus comme la « société du spectacle » discernée dès 1967 par Guy Debord, alors penser ce qu’est la condition du spectateur n’est pas seulement une manière de réfléchir aux meilleures manières de s’exposer à la force de l’art. Dans une telle configuration de notre vie politique, l’enjeu du spectateur est au moins autant sa gémellité avec le citoyen ; ou plutôt, cet enjeu réside dans le fait qu’être spectateur est une dimension cardinale des modalités selon lesquelles on est, aujourd’hui et ici, un membre de la cité. Tel est, en effet, le paradoxe dans lequel est plongé celui qui s’interroge sur sa condition d’acteur politique et sur sa capacité d’agir : d’une manière ou d’une autre, il s’agira d’abord de prendre la mesure de la distance qui le sépare de l...

Le B-A-BA de la lecture

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Les méthodes de lecture sont fortement débattues et politisées, notamment depuis que le ministre de l’Éducation a agité le chiffon rouge de la méthode syllabique, réputée conservatrice. Pourtant, son efficacité est rigoureusement démontrée. Pourquoi continue-t-elle à susciter des oppositions ? «Le débat autour des méthodes d’apprentissage de la lecture revient périodiquement. On se souvient peut-être des vives réactions suscitées en 2006 par les prises de position du ministre de Robien en faveur de la méthode syllabique. Le directeur adjoint de son cabinet, Jean-Michel Blanquer, était déjà impliqué dans l’opération. Celui-ci est de retour au plus haut niveau… mais les orientations pro-syllabiques qui s’annoncent sur la façon d’enseigner la lecture ne soulèvent plus les émois à la tonalité franchement déraisonnable de 2006. Le terme « syllabique » n’est plus tabou, on peut lire dans une publication syndicale traditionnellement hostile à cette méthode une analyse ...