Penser le populisme
«Pour
faire contrepoids aux tentations réductrices du populisme qui se développe dans
les démocraties européennes, Pierre Rosanvallon nous invite à compliquer notre
conception de la démocratie et à la rendre polyphonique, car le peuple ne parle
pas d’une seule voix.
Il y a aujourd’hui en
Europe deux mots qui se regardent en chien de faïence: ceux de peuple et de
populisme. Avec le paradoxe d’un terme négatif et péjoratif qui dérive de ce
qui fonde positivement la vie démocratique. On exècre le populisme alors que
l’on exalte le principe de la souveraineté du peuple. Que recèle ce paradoxe?
Comment le comprendre? Y aurait-il une bonne et une mauvaise façon d’être
démocrate? Une bonne et une mauvaise façon d’être près du peuple? Il faut lever
ces ambiguïtés. Pour éclairer cette question, on ne peut pas en rester à la
reconnaissance diffuse du fait que le peuple est le principe actif, moteur du
régime démocratique; qu’il est la puissance indiscutable de légitimation de
celui-ci. Le problème est en effet que c’est une puissance indéterminée. Il y a
ainsi un écart entre l’évidence d’un principe, la souveraineté du peuple, le
pouvoir au peuple, et le caractère problématique de ce peuple comme sujet
social et politique.»(…)
Pierre
Rosanvallon, La vie des idées
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