La vengeance de l’État
«L’inflation carcérale que
nous connaissons en France est moins le signe d’une hausse de la criminalité
que d’une sensibilité accrue de notre société à l’égard de certaines déviances.
L’acte punitif s’en trouve ainsi radicalement transformé.
Malgré les réformes
engagées, la France, comme de nombreux autres pays, est confrontée à une
inflation carcérale et emportée dans une spirale répressive favorisée par la
logique sécuritaire et le populisme pénal. Pour tenter de comprendre un tel
phénomène, les théories critiques qui se sont développées ces dernières années
ne traitent pas du fait criminel en tant que tel mais s’interrogent sur les
principes sur lesquels se fonde l’institution pénale, sur les pratiques réelles
des agents impliqués dans la lutte contre la criminalité et la délinquance et
sur les systèmes de justification qu’ils mettent en œuvre. C’est également la
voie qu’emprunte Didier Fassin dans son dernier livre, Punir, une passion
contemporaine en proposant une «théorie critique du châtiment». Qu’est-ce
que punir? Pourquoi punit-on? Et qui punit-on? C’est autour de ces trois
questions que s’articule l’ouvrage qui, en prenant appui sur les enquêtes
anthropologiques que l’auteur a consacrées à la prison et à la police, articule
une généalogie de la pénalité moderne et une approche ethnographique qui a le
mérite de mettre en évidence le sens de l’acte punitif ainsi que sa dimension
sociale.»(…)
Crhistophe Béal, La Vie
des idées
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