Les paradoxes de la peur panique
«Comment réagissons-nous à la menace immédiate? Une représentation tenace veut que ce soit de manière individualiste, chacun pour soi. L’étude de situations d’attentats révèle pourtant que l’exposition au danger peut favoriser la coopération et l’entraide. Imaginez qu’un incendie ravage une boîte de nuit, ou qu’un nombre conséquent de personnes soient convaincues que le feu a pris dans le bâtiment (la rumeur peut suffire). Les issues de secours sont limitées; disons qu’il n’y en a qu’une seule et qu’elle se compose d’une double porte. 1000 personnes (soit le double de la quantité maximale autorisée) doivent et veulent sortir. Cette situation fut celle des personnes venues s’amuser au Cocoanut Grove à Boston (États-Unis) le soir du 28 Novembre 1942. L’exemple est rapporté par Anthony Mawson dans Mass Panic and Social Attachment [ 1 ]. Au Cocoanut Grove à Boston, le feu s’était propagé très vite. Au total, près de 500 personnes y ont perdu la vie, et on estime que la plupart ...