La Palestine, des accords au conflit
On sait aujourd’hui que les
accords d’Oslo n’ont pas marqué la fin mais une nouvelle étape du conflit
israélo-palestinien. Ils ont aussi ouvert une nouvelle séquence de l’histoire
politique palestinienne. N. Dot-Pouillard s’en fait ici l’écho, en restituant
la diversité des dynamiques et l’éclatement des représentations qui
caractérisent le mouvement national palestinien.
Nicolas Dot-Pouillard,
chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), vient de
publier un livre sur le mouvement national palestinien depuis la signature des
accords d’Oslo en 1993. L’ouvrage s’inscrit dans la continuité d’une
littérature dense consacrée aux dynamiques engendrées par cette déclaration de
principes. Après la création d’une autorité palestinienne, de nombreux travaux
se sont attachés à restituer l’évolution des institutions palestiniennes,
depuis la naissance d’un corps gouvernemental jusqu’à l’organisation
d’élections locales. Parallèlement, une seconde tendance a consisté à suivre
les étapes de la négociation dans ce qu’il a été convenu d’appeler le
«processus de paix». En centrant son analyse sur les dynamiques partisanes
inter-palestiniennes, l’auteur réoriente la recherche et défriche un terrain
encore peu connu.
Les accords d’Oslo sont
conclus entre Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui,
depuis 1974, représente officiellement l’ensemble des Palestiniens. L’OLP,
alors installée à Tunis depuis son exil de Beyrouth en 1982, revient en
Palestine à la faveur de ces accords. Ces derniers prévoient entre autre une reconnaissance
mutuelle des deux parties et la création d’une autorité intérimaire de
gouvernement, plus communément appelée Autorité palestinienne (AP), chargée
d’administrer les Territoires
palestiniens et les Palestiniens qui y résident, au nom de l’OLP, dans les
zones qui lui sont dévolues. Israël s’engage, sinon officiellement, du moins
dans l’esprit des accords, à se retirer progressivement des Territoires.
À l’issue de ce processus
de structuration d’un corps étatique d’une part, et du désengagement israélien
d’autre part, les parties s’engagent à négocier les questions les plus
sensibles (entre autre le statut de Jérusalem ou la question des réfugiés) au
terme d’une période de cinq ans. Parallèlement, l’OLP obtient la garantie qu’un
État palestinien sera créé. Si l’on a pu penser en 1993 qu’une issue au conflit
avait peut-être été trouvée, la complexité des accords d’Oslo, dans leurs
termes comme dans leur mise en application, a suscité de vives oppositions au
sein des partis palestiniens. Néanmoins, les débats qui ont alors animés le
mouvement national ont été en partie rendus inaudibles par la dynamique
puissante engendrée par les accords (soutien international, médiatisation des
étapes de la négociation, arrivée massive de l’aide internationale,
transformation radicale des logiques politiques, etc.). C’est à cette mise en
sourdine que ce livre entend remédier, en se faisant l’écho des débats qui ont
animés le mouvement national et en restituant les grands problèmes auquel il
est confronté à partir de 1993.
François
Ceccaldi, La vie des idées
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