Migrer et souffrir
Une enquête ethnographique déconstruit l’image de communauté homogène qu’ont les immigrés chinois en France. En étudiant les souffrances diverses des sans-papiers, intellectuels exilés et jeunes qualifiés, elle parle aussi, en creux, des transformations de la Chine contemporaine. «En dépit de leur importance numérique, les populations d’origine asiatique restent peu étudiées en France par rapport aux immigrations postcoloniales. De cette méconnaissance résulte un ensemble de stéréotypes qui, en les essentialisant, différencient ces populations des immigrés et descendants d’immigrés du continent africain, en insistant, entre autres, sur leur prétendue bonne intégration dans la société française. Les Chinois, dont le nombre de primo-arrivants était estimé à 450 000 en 2012, n’échappent pas à cette image. On les présente ordinairement comme un groupe discret, soucieux de faire parler de lui en bien, en dépit de poncifs récurrents sur un ethos communautaire propice à des acti...